Ce 3 avril, le Fonds monétaire international (FMI) a validé l’octroi au Maroc d’une nouvelle Ligne de Crédit Modulable (LCM) de 4,5 milliards de dollars sur deux ans. Une manne précautionneuse, que le Royaume n’a pas l’intention d’utiliser dans l’immédiat, mais qui renforce ses marges de manœuvre dans un environnement mondial incertain.
Ce nouvel accord est le deuxième du genre. Après une première LCM obtenue en avril 2023, le Maroc confirme sa stature de partenaire fiable et discipliné aux yeux de l’institution de Bretton Woods. Pour en bénéficier, il faut montrer patte blanche : solides fondamentaux économiques, politiques publiques cohérentes, gestion macroéconomique saine. Le Royaume a coché toutes les cases.
Le FMI salue notamment la résilience du pays face aux chocs exogènes, comme la succession de sécheresses ayant fragilisé la production agricole et creusé le chômage. « Les autorités marocaines ont su maintenir le cap des réformes structurelles malgré un contexte difficile », a déclaré Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI, soulignant l’engagement du Maroc en faveur d’une croissance plus inclusive, résiliente et verte.
À Rabat, on insiste : cette ligne de crédit n’est pas un financement d’urgence, mais un outil de prévention. Elle vient renforcer les réserves en devises, stabiliser les anticipations des marchés et rassurer les investisseurs étrangers. En clair, c’est un garde-fou, un gage de confiance, un bouclier invisible contre les turbulences économiques mondiales.
Depuis 2012, le Maroc a multiplié les accords avec le FMI – quatre lignes de précaution et de liquidité (LPL) entre 2012 et 2020, puis deux lignes de crédit modulables en 2023 et 2025. Cette fidélité à l’instrumentation préventive du FMI témoigne d’une gestion proactive des risques, dans une optique de souveraineté et de stabilité.
Vers un nouveau cycle de réformes ?
L’enjeu, désormais, est d’accélérer les grandes réformes en cours : fiscalité, gouvernance, inclusion sociale, transition énergétique… Le soutien affiché du FMI peut servir de levier pour aller plus loin et plus vite. Car si le Maroc est salué pour sa discipline macroéconomique, il est aussi attendu au tournant sur le terrain social, notamment dans la lutte contre le chômage et les inégalités.
En période de fragilité globale, le Maroc trace donc sa route avec prudence et méthode. Et cette ligne de crédit, même si elle reste pour l’instant dormante, est un message fort envoyé aux marchés : le Royaume reste une valeur sûre au sud de la Méditerranée.